Olivier, 64 ans, Place du Capitole, Toulouse

Je suis né à Nîmes, dans le Gard. J'ai toujours vécu dans le Sud de la France. À dix-sept ans j'ai quitté ma famille pour m'installer à Toulouse avec ma femme. Mes parents n'acceptaient pas que je me marie aussi jeune. Ils n'approuvaient pas ma compagne du coup j'ai dû faire un choix et j'ai préféré partir. Personne ne m'a jamais dit quoi faire dans ma vie, j'ai toujours suivi mon propre chemin. Comme ça je n'ai de reproches à faire à personne, je ne peux m'en prendre qu'à moi même si quelque chose ne marche pas. Avec cette mentalité qui n'a pas changé depuis, je suis devenu père à vingt ans, dans une ville où je n'avais aucune famille. Nos premières années ici ont été difficiles. J'enchainais les petits boulots, que ce soit dans la restauration, à l'usine. Il faut dire qu'à l'époque on trouvait plus facilement des emplois et que chaque branche ne nécessitait pas de faire cinq ans d'études. On rencontrait quelqu'un, paf le lendemain on devait pointer. Ma vie professionnelle n'a jamais été très stable. Depuis une dizaine d'année je travaille comme commerçant en livres anciens. Je ne suis pas libraire, je fais des marchés, des brocantes. C'est une petite entreprise familiale, je travaille avec mon fils et l'ainé de mes petits-enfants. On s'entend bien mais c'est vrai que parfois le soir on évite de passer trop de temps ensemble. Être toute la journée les uns sur les autres ça nous suffit, il y a des tensions qui naissent pour des broutilles. On habite tous les trois dans le même quartier donc on rentre avec le camion mais à partir du moment où on remballe on ne parle plus trop. On se retrouve les dimanches sans la pression du travail.

J'aime Toulouse, comme toutes les villes du Sud de la France où je suis allé, pour la mentalité des gens. Ici les personnes sont simples, les rapports sont chaleureux, il n'y a pas de faux-semblants, juste un accent chantant et de la franchise. Et puis on trouve beaucoup de boutiques dans le centre-ville, c'est agréable quand on a le temps. C'est là qu'on sent qu'on vit dans une grande ville. On ne manque de rien, il y a des commerces pour tout.