Monique, 70 ans, Coulée Verte, Paris XII

Je suis née à Paris, à l'hôpital Rothschild dans le douzième arrondissement mais j'ai grandi dans le onzième arrondissement où mes parents, immigrés polonais, étaient installés. Ma vie parisienne est faite d'allers-retours entre ces deux faubourgs puisque je me suis ensuite installée dans le quartier de Dugommier, puis de nouveau dans le onzième arrondissement. J'habite aujourd'hui près de Nation. Même si j'ai une affection toute particulière sur le quartier de mon enfance dans les rues alentour du Marché d'Aligre je connais bien ma ville. J'aime le marais, ses galeries, même s'il y a trop de monde à mon goût mais aussi l'ensemble des jardins parisiens que ce soit le Parc floral ou le Parc de Bercy, les bords de Seine également. J'ai également de vivre une année dans une autre grande capitale européenne dans le cadre de mon travail: Londres.
Bien que je sois officiellement à la retraite je n'ai toujours pas coupé avec ma vraie passion: ma profession. J'étais et je suis encoreépidémiologiste au sein de l'Institut National de la santé et de la Recherche Médicale (INSERM). C'est un travail de recherche avec pour sujet la distribution des maladies et leurs facteurs. Mon objet d'étude est plus spécifiquement la santé périnatale, c'est-à-dire la période qui commence quelque temps avec le second mois de grossesse et se termine deux mois après la naissance du nourrisson. Lorsque j'étais salariée je travaillais dans un hôpital à Villejuif, au Sud de Paris, et maintenant je suis bénévole à l'hôpital Tenon dans le vingtième arrondissement. 
Même si je consacre encore trois jours par semaine à mon travail je dispose de temps libre. 
J'en profite pour faire de la photographie, me promener dans mon quartier, m'occuper de mon arrière-petit-cousin mais surtout à participer à des ateliers d'intercompréhension de la langue romane dans une association, l'APIC. Il s'agit de travailler la compréhension de langues dont l'origine est commune: le latin. On y lit des textes en italien, en espagnol, en roumain mais aussi en occitan par exemple. On échange ensemble et de temps à autre nous rencontrons des étrangers pour mettre en pratique notre apprentissage. Le principe est que chaque participant à la conversation s'exprime dans sa langue natale. Avec de la pratique on se rend compte que le langage (pour des cultures aussi proches), n'est qu'une toute petite barrière à dépasser. Pour moi cette volonté de pouvoir échanger avec des gens qui ne partagent pas la même langue est comme une évidence dans une ville aussi cosmopolite que Paris.