Marius, 62 ans, Place Wilson, Toulouse

Je suis originaire d'Agen, dans le Lot-et-Garonne. Nous avons aménagé à Toulouse en 1964, j'avais dix ans pourtant je me souviens très bien des rues d'Agen, des bords de la Garonne. Nous n'y sommes pourtant jamais retournés. Nous n'avons pas de famille dans la région, mes deux parents sont originaires de Vendée, en Pays-de-la-Loire. Avec mon métier j'étais à la fois ancré à Toulouse et en même temps constamment en déplacement. Je travaillais à la SNCF comme agent service commercial train, en gros contrôleur dans le langage courant. Pourtant mon métier n'est pas uniquement de contrôler et pénaliser. Il s'agit d'un métier de service, on renseigne bien plus que l'on sanctionne. On a des plannings établis des semaines à l'avance. Je travaillais essentiellement sur le réseau national. Il m'arrivait souvent de faire l'aller-retour sur Paris par exemple soit plus de onze heures de trajet. Sur ce genre de distance le train est plus qu'un simple moyen de transport. Une forme de micro-société se met en place. On trouve des familles plus bruyantes avec des enfants en bas âges, des personnes âgées, des étudiants, des hommes d'affaire qui travaillent pendant le trajet.

C'est ce qui me plaisait vraiment dans ce métier. Ce qui était plus dur c'était les « découchers » comme on les appelle, c'est à dire les repos hors résidence avant de repartir le lendemain.

Quand on a une famille c'est parfois difficile. Lors de mes temps de repos sur Toulouse je passais du temps à la maison avec mes filles et ma femme. J'ai surtout découvert et profité de la ville avant de travailler et maintenant que je suis à la retraite. Pendant ma carrière on allait toujours dans le même jardin, le jardin japonais. On habite près de compans caffarelli, donc un quartier à la limite du centre dynamique de la ville. Depuis que je ne travaille plus je m'aventure plus dans l'hypercentre, vers le capitole, la place Winston. Je me promène, je fais les boutiques.