Jean Pierre, 68 ans, La Rotonde, Paris XIX

Je n'ai été Parisien que quelques années, mais depuis je ne peux plus me passer de cette ville. Je suis en effet né dans l'Orne, àNogent-le-Retrou, une petite ville située à deux bonnes heures de Paris en voiture. Je suis un fils d'agriculteur et rien ne me destinait à passer du temps à la capitale. Pourtant, à vingt ans je m'y suis installé pour suivre des études de médecine. Ces années représentent pour moi la liberté comme je ne l'ai pas connueailleurs. J'étais étudiant, donc autonome, j'habitais dans un petit studio dans le treizième arrondissement. Je ne croisais personne que je connaissais dans la rue, comme c'était immanquablement le cas dans ma campagne natale. Malgré tout je suis retourné dans mon village une fois diplômé. Il n'y a que peu de médecins de campagne et ma mère a eu des problèmes de santé à l'époque. Néanmoins je reviens très souvent sur Paris, environ une semaine sur deux. Mon fils habite maintenant dans le dix-neuvième arrondissement avec ses fils. Ils habitent à quelques pas du jardin des Buttes-Chaumont. On y va souvent se promener. Je profite d'aller les voir pour découvrir le quartier. Je me rends compte que je ne connais que le Sud de la ville. 
Ce n'est pas plus mal. Ainsi je peux découvrir de nouveaux quartiers et de nouveaux monuments à chaque visite. Par exemple ici, à la rotonde, je n'avais jamais fait attention à cette petite tourelle. Pourtant je suis sûr de m'être déjà rendu au Canal de l'Ourcq à quelques mètres. Il y a tellement de culture ici qu'on ne peut pas tout voir ou remarquer. Maintenant que je suis retraité je viens ici avec du temps et l'esprit libre. Cela me permet d'être plus attentif, plus curieux. Ce n'est pas une qualité réservée aux jeunes. D'ailleurs je souhaite bon courage aux générations qui arrivent, ce n'est pas évident d'être jeune aujourd'hui. Je suis un optimiste de nature et je fais confiance à la relève pour que les choses aillent mieux.