Jean Louis, 90 ans, rue Pierre Paul Riquet

Je suis né à Toulouse de parents auvergnats. Il y a beaucoup de personnes qui viennent d'autres régions où dont les parents habitaient d'autres villes, car Toulouse est la ville française la plus attractive du vingtième siècle. Avant la Révolution française il ne s'agissait que d'un bourg et aujourd'hui nous vivons dans la quatrième plus grosse ville de France !!

Au final il n'y a pas de « Toulousains pure souche », on trouve des espagnoles, des Maghrébins, des gens de la région, du Lot, du Tarne... C'est une ville vivante, relativement cosmopolite. On a la chance d'avoir un temps très ensoleillé, les gens passent du temps en terrasse, ça permet de se rencontrer, d'échanger. On a une vraie culture proche de l'Espagne; avec les tapas, les apéros.

Je ne peux plus en profiter comme avant mais il y a toujours la même atmosphère.

Je suis comme la plupart des gens d'ici, j'ai toujours eu un naturel bon vivant.

Pourtant mon métier était tout sauf drôle, j'étais inspecteur à l'URSSAF, c'est à dire que je contrôlais les déclarations relatives à la sécurité sociale et au chômage. Le but était de repérer les fraudes et autres irrégularités. Auparavant, j'avais passé cinq ans dans l'armée. Je m'étais engagé à 18 ans, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. J'ai fait la campagne d'Indochine puis je suis retourné dans le civile. C'est lors d'un colloque de l'URSSAF à Paris que j'ai rencontré ma femme. Alors que nous vivions tous deux à Toulouse nous nous sommes vu pour la première fois dans une boîte de jazz à Saint-Germain. Nous nous sommes ensuite retrouvés sur Toulouse et nous sommes maintenant mariés depuis 63 ans. Depuis que je ne travaille plus je retrouve mes amis du quartier tous les après-midi sur la place Wilson. Nous avons notre banc attitré. On commente l'actualité, les informations. C'est un rituel autour duquel ma journée s'organise.