Jean, 89 ans ,Nation, Paris XII


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J'ai vu le jour à Royan, en Charente Maritimes. C'est une superbe ville, avec une grande plage et un patrimoine culturel important. J'y ai vécu avec mon père, qui était charpentier, ma mère et mon petit frère, Pierre. C'était une époque différente, beaucoup plus dure qu'aujourd'hui. On n'avait pas de télévision dans tous les foyers. Quand j'ai eu douze ans la Seconde Guerre mondiale a éclaté. Mon père est mort en 1941. J'ai donc rapidement dû travailler pour aider ma mère. Je faisais des petits boulots sur les marchés. J'ai tout d'abord travaillait sur un stand de fruits et légumes puis avec un artisan fromager. C'était une expérience particulière. Il fallait se lever tôt chaque matin pour mettre en place les étals. Les heures qui suivent sont consacrées à la vente puis il faut tout ranger. Même si ce n'était que deux ou trois fois par semaine, je me souviens que j'étais épuisé. J'avais une quinzaine d'années et c'était un rythme difficile à prendre pour un jeune homme en pleine croissance.
En 1951 ma mère est décédée. Avec mon frère nous sommes allé vivre à Paris chez un oncle. Après avoir fait divers métiers pendant une dizaine d'années, il m'a trouvé une place dans une entreprise d'électronique au début des années 60. C'est ainsi que je suis devenu installateur en électronique, profession que j'ai pratiquéejusqu'à ma retraite, à 62 ans. Depuis que je vis à Paris j'ai habité dans un peu tous les coins. Chez mon oncle dans le quinzième arrondissement, dans le vingtième puis le dix-neuvième quand je me suis marié, dans le quatorzième et enfin dans le douzième arrondissement où je vis encore aujourd'hui. Mon frère étant également divorcé, nous vivons ensemble. Cela nous permet d'avoir de la compagnie et un logement correct pour des personnes de nos âges. Même si la vie est beaucoup plus chère de nos jours qu'à l'époque où nous sommes arrivés, je n'ai jamais voulu partir. C'est quand même la plus belle ville du monde et puis c'est ici que vivent mes amis. On se retrouve une fois par semaine pour jouer à la belote. Il y a quelques années nous jouions encore à la pétanque mais même ce sport est devenu trop exigeant pour nous (il rit), alors que les cartes ça va.