Jacques, 73 ans, île-Sainte-Catherine, Créteil

Je suis né en Vendée, à La-Roche-sur-Yon. C'est une région très agréable mais mes parents ont déménagé sur Paris quand j'avais treize ans. Je me suis très mal adapté à la capitale. En Vendée on avait la mer à cinquante kilomètres, les gens étaient tranquilles, sans histoire. À Paris j'ai découvert la misère, la violence. Je ne me suis jamais senti bien là-bas. À seize ans je me suis trouvé un contrat en apprentissage dans un garage à Saint-Maur. C'était à la base un moyen de fuir Paris sans l'avouer à mes parents et finalement ça a été la passion de ma vie. J'ai ensuite travaillé longtemps au même endroit. Quand j'ai eu assez d'argent j'ai racheté un garage à Créteil, dans le même département. Nous nous sommes donc installé là avec ma femme, nos deux filles et notre fils. 
On est bien ici, je préfère vivre dans une ville dans laquelle les visages sont familiers plutôt que de passer mon temps à croiser des inconnus. Paris m'a rendu méfiant. D'ailleurs je trouve que Créteil change de plus en plus. Je pense à mes enfants et petits-enfantsqui habitent aussi ici. J'espère que ça ne va pas devenir comme certaines banlieues. Vu qu'ils habitent à quelques centaines de mètres de chez nous on se voit tout le temps. On garde les petits, ils viennent jouer dans le jardin et regarder leurs dessins animés. Quand je ne suis pas avec ma famille je passe du temps avec mes amis. J'ai rencontré la plupart d'entre eux sur mon lieu de travail, que ce soit des collègues ou des clients habitués. On se retrouve pour jouer à la pétanque ou à la belote. Il nous arrive aussi de faire des apéritifs et diners avec nos compagnes. Ici les distances sont petites, pas besoin de prendre le métro ou la voiture on peut se retrouver beaucoup plus facilement que dans les grandes villes. C'est parfait quand on est bien entourés.