Ionut Drumet, 80 ans & Nicolae Tinta, 72 ans, Parcul Alexandru Ion Cuza

On s’est rencontré il y a 7 ou 8 ans, ici, dans ce parc. J’avais l’habitude de marcher ici, car j’habite à coté et à force de se croiser avec Ionut, on a fini par démarrer une conversation. Puis, une autre et ainsi de suite. Finalement, on est devenu ami et on a commencé à parler à d’autres.

Aujourd’hui, on est une véritable bande ! On se voit chaque jour, on parle famille, sport ou politique, et on apprécie ces moments. Pour ma part, j’ai été chauffeur de poids lourd et Ionut était conducteur d’engins agricoles. A l’époque où nous avons débuté, les moteurs se démarraient à l’aide d’une manivelle. Pas de clé, pas d’électricité et encore moins de climatisation ! Même les panneaux de circulation n’existaient pas. En fonction de la hauteur de l’herbe aux différents carrefours, on savait s’il fallait laisser ou non la priorité. Dans le centre-ville, c’était la courtoisie qui faisait office de code de la route.

J’ai pu voyager un peu partout, dans les pays communistes, sous le communisme, et en Europe de l’Ouest après la chute de Ceaucescu. De mon point de vue, Bucarest peut envier l’architecture de ville comme Prague, Paris ou Londres mais à de bien plus jolis parcs qui sont de véritables lieux de convivialités pour les habitants d’une ville. Mais c’est vrai, que si nous avions eu un Haussmann à Bucarest, cela n’aurait pu que servir la ville.