Georges, 78 ans, Jardin Royal, Toulouse

Je suis né à Launaguet, une petite commune à côté de Toulouse. Mon grand-père était maire du village quand j'étais encore enfant, autant dire que ma famille est très connue là-bas.

J'ai passé toute ma vie en région Toulousaine, en dehors de mon service militaire que j'ai effectué en partie dans une garnison en Allemagne. Je suis très attaché à ma région, mon pays comme on disait.

Dans ma famille nous avons toujours été actifs dans la communauté urbaine. Mon grand-père était édile, mon père a fait le petit séminaire avant de finalement devenir charpentier, j'étais officier de gendarmerie et l'ainé de mes petits-fils est pompier volontaire.

J'ai trois enfants, deux filles et un fils, et cinq petits-enfants qui ont de 5 à 26 ans, et nous habitons tous dans l'agglomération de Toulouse. La population a malheureusement bien changé. On voit de plus en plus de clochards dans la ville. La drogue est un vrai problème ici. Ce n'était pas le cas lorsque j'étais encore en service. Avec l'expansion sans fin de la ville, on se retrouve à avoir les mêmes problèmes que les mégalopoles comme Paris ou Marseille.

Pourtant je reste fier de ma ville. On a un vrai savoir-vivre, une culture populaire. Pour les gens qui n'habitent pas ici Toulouse n'a que le rugby. C'est très réducteur. Il y a même une langue propre à la région, l'Occitan ou langue d'Oc, ce qui a donné le nom à la région. Ce n'est pas simplement du folklore, on trouve encore des gens qui parlent cette langue. Les noms de rues sont d'ailleurs tous traduits dans les deux langues. Il y a aussi un superbe musée d'histoire naturelle.

Ce que je préfère ici ce sont les bords de la Garonne, notamment la prairie des filtres où il y a beaucoup d'activités l'été. Les gens sont très attachés à leur fleuve. C'est juste dommage qu'on le partage avec les Bordelais (il rit).