Geneviève, 85 ans, Rue D'Aubuisson, Toulouse

Je suis née à Tunis, dans une famille de pieds-noirs. Après la période d'indépendance vis à vis de la France qui a été commune à bon nombre de pays d'Afrique et plus particulièrement du Maghreb, nous avons, comme la plupart des colons, été chassés de Tunisie. Je n'ai d'ailleurs jamais remis les pieds là bas. Nous nous sommes tout d'abord installés à Paris, puisque mon père et ma mère avaient tout deux de la famille en région parisienne. L'adaptation a été très difficile, la vie était trop rapide, il y avait beaucoup de stress et le climat n'avait rien à voir avec ce que nous connaissions, surtout moi, ma soeur et mes deux frères qui n'avions jamais vécu en métropole. Après quelques années nous avons déménagé dans le Sud-Est, à Grenoble, la cuvette au milieu des montagnes. C'est dans cette ville formidable que j'ai terminé mon lycée et que j'ai rencontré mon mari.

Nous nous sommes mariés puis mon époux a ouvert un cabinet à Toulouse. Il était médecin.

Nous avions eu notre fils ainé à Grenoble, les deux autres sont nés dans le Sud-Ouest. Nous avions deux fils et une fille. Malheureusement l'ainé est décédé il y a une dizaine d'années d'un cancer. Ça a été une épreuve très douloureuse pour l'ensemble de la famille.

Son frère et sa soeur sont revenus passer du temps à Toulouse pour être près de lui. Ils habitent tout deux à Sète depuis près de trente ans. Ils ont choisi de se rapprocher de la mer. Toulouse est une très belle ville mais il est vrai que nous sommes quelque peu enfermés dans les terres. La mer est à plus de deux heures de trajet en voiture. Néanmoins ce n'est pas un élément essentiel pour moi, j'ai fait le deuil de la mer avec mon départ de Tunis. Ici je me plais vraiment. L'architecture toulousaine est très particulière mais je m'y suis tellement fait que je ne me verrais pas vivre ailleurs. J'ai un abonnement à l'opéra du Capitole, j'y vais très souvent. C'est mon activité principale avec les promenades avec mon chien. J'ai de la chance qu'il soit tranquille, à mon âge je ne pourrais pas avoir un chien hyperactif.