François, 66 ans, avenue Ledru-Rollin Paris XII ème



Je suis né à Paris en 1950 dans le VIIe arrondissement. C'est d'ailleurs le quartier que j'affectionne le plus. Les gens pensent que c'est un quartier morne et sans vie mais il compense largement son déficit en bars et commerces par des lieux chargés d'histoire. Avec l'Île de la cité c'est le quartier où l'on trouve le plus de monuments comme l'Abbaye de Penthemont ou le musée d'Orsay. Aujourd'hui je vis en banlieue, à Versailles mais je rends souvent visites à mes enfants. J'ai un fils que j'aide d'ailleurs à déménager (il prend un carton et le dépose dans le coffre de sa voiture) et une fille. On se voit souvent même s'ils ont leurs études et que je suis encore en activité. Je travaille dans le monde de la banque, je suis analyste risque/crédit, c'est-à-dire que je conseille et avertis les clients en cas de crédit qui mettrait leur situation financière en danger.
J'ai déménagé hors de Paris avec ma compagne qui était elle aussi parisienne de naissance parce que la ville n'est pas si tranquille que ça. D'ailleurs mon souvenir le plus marquant sur Paris est assez violent. C'était pendant la guerre d'Algérie, en 1961 précisément, lorsqu'il y a eu la tentative de putsch des généraux. La France étaiten train de perdre sa colonie et les généraux ont refusé cette défaite. En métropole face à cette tentative de putsch on avait peur d'un coup d'État et que les troupes de l'Afrique du nord remontentjusqu'à Paris. Je me souviendrai toujours des blindés postés devant l'Assemblée nationale. Ça reflète bien le climat qui régnait à l'époque. C'est triste de revoir qu'une ambiance de terreur peut aussi facilement revenir dans cette belle ville. On se croit à l'abri et puis l'histoire se répète, différemment.