Dominique, 60 ans, Palais de Congrès, Toulouse

Je suis né à Arles, dans les Bouches-du-Rhône. C'est une commune située entre Nîmes et Marseille mais la ville du coin qui m'a le plus marquée est sans hésiter Avignon. Située à un peu plus d'une demie heure de route de chez mes parents, la ville accueille depuis près de 70ans le festival de théâtre le plus renommé de France et même sûrement d'Europe. Quand nous étions jeunes adolescents je me souviens que nous y rendions essentiellement pour nous amuser. C'était un petit peu l'événement dans le coin. On en profitait pour fuir nos parents et faire les 400 coups. Mais je me souviens que dès la deuxième édition à laquelle j'ai assisté j'ai été sous le charme. C'était une représentation de Phèdre. Je ne sais pas le nom du metteur en scène mais je me souviens du choc que ça a été. Je n'étais pas particulièrement rebelle, ni modèle, je ne savais pas quoi faire de ma vie et cette pièce a été une véritable révélation. Je suis donc parti à Paris à dix-neuf ans, pour tenter le conservatoire national. Je n'ai pas été reçu mais j'ai été pris au conservatoire du treizième arrondissement, à côté de la Place d'Italie. Je suis resté à Paris jusqu'en 1986. J'étais marié à une professeur de français et elle était enceinte. Nous avons quitté Paris pour avoir un meilleur cadre de vie et elle avoir la possibilité d'obtenir un poste à Bordeaux. Quand nous avons divorcé, j'ai choisi de déménager à Toulouse, vivre dans une plus grande ville. Je pensais qu'il y aurait plus de moyens pour la culture et plus d'opportunités de travailler ici. Le statut d'intermittent est intéressant mais très compliqué à conserver quand on a des périodes creuses. Au final je me suis installé ici mais je continue à jouer pour des compagnies bordelaises. Je ne suis toujours pas grand père mais ma fille a le même copain depuis un bout de temps donc qui sait? J'aime bien la ville de Toulouse même si professionnellement ce n'est pas l'idéal. L'ambiance est bonne, la ville est belle.