Denis, 71 ans, Marché Victor Hugo, Toulouse

Je suis né à Langon en Gironde, à quelques kilomètres de Bordeaux. C'est d'ailleurs là bas que j'ai déménagé à seize ans pour suivre une formation en hôtellerie. J'ai suivi toute l'évolution classique en cuisine. J'ai ainsi commencé commis dans un premier temps avant de devenir cuisinier puis second de cuisine. Au bout d'un peu plus de douze ans dans le métier je suis devenu chef. Aujourd'hui il y a des voies accélérées pour passer directement premier commis voire même chef de partie mais à l'époque il fallait vraiment passer par tous les échelons. Ce métier c'était une vraie passion. Même si je n'ai jamais travaillé dans un grand restaurant, j'y consacrais bien plus de temps que n'importe qui pour un emploi « classique ». On est constamment sous pression pour servir les plats le plus rapidement. Il faut que tout soit parfait sinon on se retrouve dehors facilement. J'ai toujours été très consciencieux donc je n'ai pas eu de problèmes. Après avoir fait mes gammes dans un seul restaurant bordelais j'ai déménagé à Toulouse à vingt-cinq ans. C'est ici que j'ai rencontré ma femme et que nous avons eu notre fille. Je me suis tout de suite plu ici, que ce soit dans la ville ou en terme de cuisine. J'aimais particulièrement préparer les plats à base de viande. C'est vrai que c'est plus simple de cuisiner ce que l'on aime même si le restaurant se doit de proposer une carte variée. Je viens souvent au marché Victor Hugo, qui est un peu les Halles toulousaines. On y trouve l'ambiance des marchés couverts d'autrefois, toutes ces odeurs qui se mélangent (pour le meilleur et pour le pire). Ma fille travaille également dans la restauration. Je ne l'ai jamais encouragé à suivre cette voie. C'est un milieu très macho mais elle a pourtant fait ses preuves depuis la vingtaine d'année qu'elle a passé à travailler comme cheffe de rang dans une grande brasserie toulousaine. Malheureusement elle est aussi passionnée que moi et c'est vrai que ses fils et son mari ne la voient pas autant qu'ils le voudraient. Mais je suis très fier d'elle.