Daniel, 80 ans, Avenue Ménilmontant, Paris XX

Je suis né à la campagne, dans l'Yonne. Mon père, vétérinaire de son état, est décédé en 1938 alors que je n'avais que deux ans. Ma mère s'est donc trouvée seule, moi, mes deux frères et ma soeur. Elle a tout d'abord rejoint ses parents dans un village voisin. Ce sont eux qui m'ont élevé durant mon enfance, ma mère étant partie trouvée du travail à Paris. J'ai ensuite déménagé au pays de l'andouille, à Troyes dans l'Aube puis j'ai trouvé du travail dans la capitale. J'ai donc rejoint ma mère et commencé mon activité à lacaisse Centrale d'Activités Sociales d'EDF. On gérait les activités extérieures des salariés de l'entreprise comme la prise en charge de vacances par exemple. 
Grâce aux statuts publics de l'entreprise j'ai pu partir à la retraite très tôt, à 55 ans. J'ai alors pu me consacrer à ma grande passion: la cuisine. Je fais les marchés comme aujourd'hui pour trouver des produits frais . Ma spécialité ce sont les volailles farcies. J'adore mijoter des plats pour mes amis et ma famille. J'ai eu quatre fils, deux sont décédés, l'un à l'âge de huit mois et l'autre à 45 ans. C'est le drame de ma vie, ma femme ne s'en est jamais remis. La religion m'a beaucoup aidé à surpasser ces épreuves. Même si je ne suis pas un pratiquant assidu je considère la spiritualité comme une curiosité et une force indispensables. Dans cette perspective le rapport à la nature est pour moi primordial. J'aime les promenades bucoliques, que ce soit dans les bois parisiens (Vincennes ou Boulogne) ou dans les forêts qui jouxte ma maison de campagne en province. Je m'y rends deux ou trois fois par an. J'ai du mal à quitter Paris et son activité. L'offre culturelle y est incroyable. Je suis également un passionné d'architecture, de beaux bâtiments.

La culture était aussi présente à Troyes mais dans une moindre mesure. Je pense notamment à un théâtre en bois à l'acoustique incroyable. Mes deux fils et mes dix petits-enfants vivent en Haute Savoie. Les voir me permet aussi de me reconnecter avec la nature où l'homme n'est qu'une petite chose dans un ensemble gigantesque.
J'ai un frère qui vit aux USA, je suis allé le voir plusieurs fois. C'est une tout autre culture mais pas moins intéressante. Personne n'a la science infuse et l'échange est le fondement de la vie. Je regrette qu'on ait parfois tendance à l'oublier.