Dan Mocanu, 71 ans, Mihai Bravu

Je m’appelle Dan Mocanu et je viens de Bacau, une ville un peu plus au nord de Bucarest.

Je suis venu à Bucarest pour y faire mes études, c’était il y très peu de temps… et j’y suis resté. J’ai une formation d’ingénieur en agronomie et biologie. A la fin de mes études, je suis devenu expert pour les squares et les parcs de Bucarest. Je devais vérifier la conformité des installations avec les normes en vigueur, effectuer un suivi de l’entretien des parcs et des espaces vert, et m’assurer de leur propreté. Mais c’était surtout un travail alimentaire. Ma passion, qui occupe toujours mes journées, et la biologie des sols et son rapport avec l’agriculture. Toute la vie qui grouille dans la terre nourrit les plantes et les fait pousser. On peut mettre tous les engrais possibles, si cette vie est absente, rien ne pousse. Je marche beaucoup dans Bucarest, je vais aussi au marché, car c’est là que l’on trouve les vrais produits, ceux qui sont issus de la terre. J’aime la cuisine et ma femme me régale chaque jour. Cela fait presque 50 ans que nous sommes mariés et elle a été très importante dans ma vie.

Nous nous sommes supportés parfois mais généralement beaucoup aimés. Ce qui soude le plus dans un couple, ce ne sont pas les moments où l’on est heureux mais les moments où l’on se supporte (rire). Bucarest est une ville très stressante, il y a beaucoup trop de voitures. Cette ville a été construite en considérant une voiture par foyer, soit une voiture pour 4 personnes. Aujourd’hui on est à 3 voitures pour 4 personnes. On étouffe un peu. En plus, les dernières 50 années ont fait beaucoup de mal à la beauté de Bucarest. On est passé d’un petit Paris (surnom de Bucarest pendant l’entre deux guerres) à des bâtiments solides, utiles mais peu esthétiques. Toute ma vie est ici et je ne partirai pas, mais j’aimerais que la jeunesse s’investisse pour redonner à Bucarest ses lustres d’antan.