Constantina Pop, 68 ans, Piata Universitate

J’ai été durant 40 ans infirmière au département pédiatrie de l’hôpital  d’urgence  pour les enfants Grigore Alexandrescu. C’était un métier difficile mais très beau. J’ai aimé tous ceux dont je me suis occupée et cela a parfois était très dure, car toutes les fins ne sont pas toujours heureuses.

Sous le communisme, les moyens étaient très limités et toute l’équipe médicale avait des urgences. Nous devions faire avec les moyens du bord et nous débrouiller. Le jour de la révolution, on se relayait à l’hôpital pour participer au renversement du couple Ceaucescu. C’était juste ici, à Piata Universitate. Il y a beaucoup de personnes qui ont tenté par la suite de donner la bonne direction à la Roumanie. Malheureusement ils ont échoué. La jeunesse est aujourd’hui d’une grande énergie, elle croule sous les défis et le travail mais garde la tête haute.

Je suis assez fier de cette jeunesse. Elle peut réussir à construire la Roumanie de demain et à nous débarrasser de ces politiciens corrompus. Bucarest est une belle ville pour ceux qui savent l’apprécier. Elle a été détruite par les communistes mais certains bâtiments ont été miraculeusement préservés. Ils en deviennent presque anonymes mais chaque bucarestois sait où les trouver.