Bugse Susana, 71 ans, Strada Muntii Apuseni.

Je suis originaire de la région de Mures, et plus précisément de la ville de Targu Mures (Nord-Ouest du pays). Je suis arrivée il y a déjà un certain temps à Bucarest. J’ai travaillé en tant qu’assistante médicale et cela dans tous les secteurs de la santé. L’expérience la plus marquante ?

J’ai passé dix ans dans un orphelinat. J’ai donné énormément aux enfants et j’ai fait ce métier avec tout mon cœur. C’est un métier qui de toute façon doit être fait avec son cœur. Chaque année, je voulais partir car c’était très difficile et triste aussi bien pour les petits enfants que pour les plus grands. Mais, je les regardais, eux, qui étaient déjà abandonnés et c’était au-dessus de mes forces de les abandonner à mon tour. Bucarest est une ville très stressante et j’y préférais la vie sous le communisme.

C’était plus calme et plus agréable à vivre. La seule véritable bonne chose qui a suivi la chute de Ceucescu est qu’il était enfin possible d’avoir une religion. Je pense que si nous prenions tous conscience de la réalité d’un Dieu, de son amour mais aussi de son jugement, nos actes en seraient bien plus réfléchi et forcément meilleurs. Je vis avec l’espoir. J’espère que la prochaine génération améliorera la situation actuelle car pour la mienne, le temps est déjà passé.