Badjea Victoria, 68 ans, Strada Cercelus

J’habite Bucarest depuis ma naissance. J’ai beaucoup aimé cette ville et je l’aime toujours. J’ai la chance d’y habiter une maison avec un jardin. J’ai été professeur à l’université de biologie.

J’ai beaucoup aimé faire ce métier : transmettre un savoir, faire progresser mes élèves, les conseillers et surtout les suivre au cours de leur parcours post universitaires. Encore aujourd’hui certains anciens étudiants me rendent visite. Certains ont plus de 40 ans. Cela veut dire que j’ai bien fait mon travail et que je les ai marqués. J’ai des petits enfants que je vois régulièrement  et avec lesquels j’essaie de m’impliquer dans leur éducation. Le fonctionnement actuel de la société roumaine demande beaucoup de temps aux parents à cause de leur travail et cela a une incidence sur l’éducation des enfants. Les grands-parents quand ils le peuvent, s’implique alors afin de leur donner de l’amour et des règles.

Mais cela ne remplace pas la présence des parents. Bucarest a été une très très belle ville, qui aujourd’hui me manque. Depuis une quarantaine d’années, les immeubles ont remplacé les maisons traditionnelles qui étaient fort jolies, mais n’offraient pas suffisamment d’espaces de logements. Cette ville ne pouvait pas s’étendre indéfiniment, et il a fallu construire à la verticale. Cela a été véritablement un changement dans l’architecture. Malheureusement, la beauté de la ville y a laissé quelques plumes.