Anna, 60 ans, Passage Brulon Paris XII

Je suis née en Pologne,en Pologne, à Cracovie où ma famille, c'est-à-dire mes parents, ma soeur et mon neveu, vit encore. À l'âge de trente ans j'ai décidé de quitter mon pays natal pour venir m'installer en France. Ayant eu une formation comme gouvernante en Pologne, j'ai très rapidement trouvé un emploi comme intendante au grand hôtel parisien George V. J'y travaille encore aujourd'hui, bien que je ne sache toujours pas pourquoi. Je ne suis pas une grande fan du luxe et de cet univers très (trop) sophistiqué. C'est pour ça que j'airejoint il a une dizaine d'années la Commune D'Aligre. C'est une forme de grands potagers au coeur du douzième arrondissement où je vis depuis mon arrivée. Nous y faisons pousser toutes sortes de fleurs, de plantes et nous y élevons des chats abandonnés. C'est cette dimension qui m'a séduite dans le projet. Depuis mon adolescence je suis passionnée par les animaux. Après avoir trouvé du travail j'ai complètement abandonné cette passion, faute de temps, mais j'y suis revenu maintenant que je suis plus âgée. J'aime les soigner, les nourrir, prendre soin d'eux. Nous avons récemment accueilli une jeune chatte enceinte et nous l'avons aidé à accoucher. Sans nous elle serait probablement morte à l'heure qu'il est. Pour mon équilibre il est indispensable de m'occuper des animaux et de la nature. Je pense que nous sommes avant tout des êtres vivants et que le rapport à la terre et aux autres créatures se trouve dans nos gènes. De plus vu que mon métier en est totalement déconnecté je viens ici pour que cela balance ma vie professionnelle. Ce jardin s'appelle la Commune D'Aligre car il est associatif et reprend les théories de l'autogestion. Nous sommes à quelques mètres de la rue d'Aligre, une rue populaire du douzième arrondissement. J'aime ce quartier, il est plein de vie, il y a le marché trois fois par semaine, qui remplit toute la rue. C'est un bonheur de s'y promener quand il fait beau, de sentir les épices, de saluer les commerçants. 

Mon histoire familiale en Pologne est assez chargée et cette vie simple sur Paris me réconcilie dans une certaine mesure avec la condition humaine.