Alain, 67 ans, avenue Gambetta Paris XX

Je suis né à Paris dans le dix-huitième arrondissement mais j'ai grandi de l'autre côté du périphérique, à Saint Ouen. Cette ambiance populaire a forgé mon caractère et on me dit souvent que je suis un titi parisien. Je n'ai d'ailleurs vécu que dans des quartiers où il y a beaucoup de mixité sociale et ethnique, que ce soit en Seine Saint Denis ou dans le vingtième arrondissement où j'habite depuis maintenant quarante ans. Il y a deux ans je travaillais encore. J'étais réparateur d'imprimantes. Même si je n'ai jamais aimé ce métier il m'a permis de découvrir Paris. Je réparais dans toute la région parisienne. Ça a façonné mon regard. Grâce à ça je peux vraiment savoir ce que j'aime et ce que j'apprécie moins. Beaucoup de gens jugent sans connaître, cela me fait beaucoup rire. Avec Internet, les gens ont l'impression de tout avoir vu, d'avoir accès à tout et n'ont aucune réserve sur leur jugement. Pour moi, le plus beau quartier de Paris c'est indéniablement le vingtième arrondissement. Il y a des parcs, des bâtiments historiques. Le quartier du petit Charonne par exemple est incroyable. On y trouve des petites impasses fantastiques comme du côté de la rue des vignobles. Ma femme est moins casanière que moi, elle se promène beaucoup dans l'Ouest de Paris. Nous avons un fils, une fille et quatre petits enfants. Notre ainé habite en région Parisienne, en Seine-Saint-Denis et notre fille à Bordeaux. Du coup on les voit un peu moins elle et ses deux fils. En même temps on ne voit pas énormément notre fils, il travaille beaucoup et ses filles sont très mignonnes mais très (trop) actives. Pour moi la retraite c'est fait pour se reposer, passer du temps avec ses amis, pas courir après des mômes.

Mon souvenir le plus fort sur Paris c'est le défilé qui a suivi l'élection de Georges Pompidou. Je faisais mon service militaire et je me suis retrouvé à marcher sur les Champs-Élysées au milieu de la foule, avec les caméras de télévision braquées sur nous. Je ne garde pas un grand souvenir de mon passage dans l'armée mais cette expérience valait vraiment la peine.